Depuis son agrément "chien de sang" en mai 2011, Falko qui aura deux ans au mois de mars prochain n'a jamais été confronté à des animaux lui faisant face. Soit ces derniers étaient déjà morts quand il les a trouvés, soit comme il y a quinze jours, la poursuite a duré plus de deux heures tambour battant, sans aboutir à la capture de l'animal. Il s'agissait d'un sanglier d'une centaine de kilos, que nous avons relevé rapidement (environ 800 m) mais qui a toujours gardé plusieurs longueurs d'avance. Il ne pouvait ignorer que nous étions sur ses talons tant la voix du chien a ébranlé continuellement la forêt et nos oreilles pendant toute la poursuite. Elle redoublait même d'intensité lorsque nous faisions une pause pour souffler un peu nous mettant la tête comme une citrouille. Il était hors de question de le lâcher en raison de la proximité de routes et du risque encouru face à ce gros sanglier apparemment encore très vigoureux (la recherche a eu lieu seulement six heures après le tir). C'est dommage car il aurait certainement pu rattraper cette bête et lui imposer un ferme.
Nous attendions donc avec impatience le moment où le petit dernier allait devoir se mesurer à l'animal de recherche afin de connaître sa réaction et surtout essayer de déclencher chez lui cet instinct de prédateur qui devrait le motiver pour la suite de sa carrière.
Dimanche 15 janvier à 12h30, appel de Christian : "Salut Michel, on vient de blesser un sanglier de 50/60 kg ce matin, il a chargé un chasseur qui voulait s'en approcher pour le finir et il est rentré dans un épais sous la ligne électrique, on a arrêté là" .
En voilà un de plus qui a enfin compris que quand "c'est trop chaud" il faut laisser au minimum deux heures (voire quatre pour les gros) à l'animal pour se caler sinon ce sont des courses poursuites qui finissent la plupart du temps par des échecs. Nous pensons même que pour certaines blessures ne touchant pas d'organe vital, l'idéal serait de n'y aller que le lendemain.
Nous donnons rendez-vous à Christian pour 14 heures, il est membre d'une ACCA du Doubs accolée à deux grandes villes dont l'une est bien connue pour son club de foot et l'immense usine de voitures à l'emblème du lion, et l'autre pour sa fabuleuse saucisse. Bon, si avec tout ça vous n'avez pas localisé les lieux il va certainement vous falloir faire une petite révision de géographie !
Une fois sur place, nous retrouvons Christian accompagné de son fils Vincent, de Philippe et du tireur, Damien. Ce matin, ils ont levé une trentaine de sangliers remisés sous un observatoire qui sert de point de vue pour admirer la région. Au cours de la partie de chasse, l'endroit était quasiment désert, mais cet après-midi, c'est un défilé de voitures, vététistes, joggeurs et promeneurs. Il faut bien dire que le soleil brille, mais le vent du Nord ne permet pas à la température de monter au dessus d'un ou deux degrés.
A priori et heureusement, le sanglier blessé prend le sens de la descente. Philippe se tiendra tout en bas avec son fusil pour empêcher l'animal de descendre dans les maisons tandis qu' accompagnés de Christian, Vincent et Damien, nous démarrerons tout en haut, là où sont balisées les premières gouttes de sang. Vu les circonstances, Michel sera le seul armé.
Falko est mis sur la voie et il faut immédiatement contenir la fougue de sa jeunesse, il part dans tous les sens, il faut dire que la voie est récente, qu'il y a eu éparpillement des indices en raison de la poursuite juste après le tir. Plus loin, tout rentre dans l'ordre, le chien travaille en tirant très fort sur la longe, la pente est très accentuée et parsemée de cailloux, nous descendons en glissades.
Au bout de 400 m le chien nous conduit à l'entrée de l'épais. Au bout d'une vingtaine de mètres, les choses vont très vite, il donne immédiatement de la voix, je passe devant lui la bauge est là à quelques mètres, sous un tronc d'arbre, le sanglier vient de la quitter.
Nous engageons la poursuite en même temps que claquent deux détonations, c'est Philippe qui vient de tirer. Nous sortons de l'épais guidés par un Falko des plus excité, l'animal se trouve devant nous à une cinquantaine de mètres, il est encore en vie mais n'ira pas plus loin, Philippe a mis un terme à sa cavale.
Le temps de le rejoindre, Falko tient le ferme à deux mètres, sa voix forte fait plaisir à entendre. Pour ne pas la laisser agoniser inutilement, Vincent dague rapidement le sanglier.
Les blessures initiales se situaient sur une patte avant et une patte arrière, manifestement cet animal aurait eu du mal à survivre.
Patte arrière
Alors, même si nous aurions préféré pouvoir lâcher Falko en poursuite pour le faire réagir plus intensément, c'est déjà une petite avancée : il est arrivé à l'animal encore vivant achevé devant lui.
Il nous a de nouveau montré sa façon à lui de s'approprier la
bête en se reposant dessus sans jamais donner un seul coup de dent. Par contre il ne supporte toujours pas d'en être écarté et de ce côté là, il n'y aura certainement pas
d'amélioration.
Que personne ne touche à mon sanglier !
Cette recherche était à la portée de n'importe quel chien déjà entraîné, c'est une histoire toute simple, mais un pas en avant dans le domaine de la progression normale de ce chien qui, nous l'espérons, nous donnera totale satisfaction dans un an ou deux. Il a encore beaucoup de choses à apprendre, notamment la maîtrise de ses émotions, il est jeune et fougueux, laissons lui le temps.
Et pour tous ceux qui sont en train de former un chien ou qui souhaitent le faire, sachez que la première des qualités est la patience, car dans ce domaine rien ne s'acquiert en quelques mois. Sachez que l'on n'achète pas un chien de sang, on l'éduque pour qu'il le devienne et surtout qu'il ne faut pas baisser les bras si à un moment ou à un autre votre compagnon semble se désintérésser du travail qu'on lui demande.
Certains d'entre vous vont se présenter à l'épreuve en 2012,
alors surtout au moment fatidique :
faites confiance à votre chien !
Nous vous souhaitons par avance bonne chance.
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"Le fondement des
droits des animaux devrait être la règle d'or : nous devons les traiter comme nous aurions aimé l'être si une quelconque autre espèce avait joui de notre position
dominante."





Une dizaine de traqueurs se partage la partie droite du
cours d'eau, quant à notre groupe (5 traqueurs), il est chargé de la partie gauche. Très peu sont armés et les tirs ne se feront que pour protéger les chiens ou achever un animal aux
abois.




