Depuis son agrément "chien de sang" en mai 2011, Falko qui aura deux ans au mois de mars prochain n'a jamais été confronté à des animaux lui faisant face. Soit ces derniers étaient déjà morts quand il les a trouvés, soit comme il y a quinze jours, la poursuite a duré plus de deux heures tambour battant, sans aboutir à la capture de l'animal. Il s'agissait d'un sanglier d'une centaine de kilos, que nous avons relevé rapidement (environ 800 m) mais qui a toujours gardé plusieurs longueurs d'avance. Il ne pouvait ignorer que nous étions sur ses talons tant la voix du chien a ébranlé continuellement la forêt et nos oreilles pendant toute la poursuite. Elle redoublait même d'intensité lorsque nous faisions une pause pour souffler un peu nous mettant la tête comme une citrouille. Il était hors de question de le lâcher en raison de la proximité de routes et du risque encouru face à ce gros sanglier apparemment encore très vigoureux (la recherche a eu lieu seulement six heures après le tir). C'est dommage car il aurait certainement pu rattraper cette bête et lui imposer un ferme.

 

Nous attendions donc avec impatience le moment où le petit dernier allait devoir se mesurer à l'animal de recherche afin de connaître sa réaction et surtout essayer de déclencher chez lui cet instinct de prédateur qui devrait le motiver pour la suite de sa carrière.

 

Dimanche 15 janvier à 12h30, appel de Christian : "Salut Michel, on vient de blesser un sanglier de 50/60 kg ce matin, il a chargé un chasseur qui voulait s'en approcher pour le finir et il est rentré dans un épais sous la ligne électrique, on a arrêté là" .

 

En voilà un de plus qui a enfin compris que quand "c'est trop chaud" il faut laisser au minimum deux heures (voire quatre pour les gros) à l'animal pour se caler sinon ce sont des courses poursuites qui finissent la plupart du temps par des échecs. Nous pensons même que pour certaines blessures ne touchant pas d'organe vital, l'idéal serait de n'y aller que le lendemain.

 

Nous donnons rendez-vous à Christian pour 14 heures, il est membre d'une ACCA du Doubs accolée à deux grandes villes dont l'une est bien connue pour son club de foot et l'immense usine de voitures à l'emblème du lion, et l'autre pour sa fabuleuse saucisse. Bon, si avec tout ça vous n'avez pas localisé les lieux il va certainement vous falloir faire une petite révision de géographie !

 

Une fois sur place, nous retrouvons Christian accompagné de son fils Vincent, de Philippe et du tireur, Damien. Ce matin, ils ont levé une trentaine de sangliers remisés sous un observatoire qui sert de point de vue pour admirer la région. Au cours de la partie de chasse, l'endroit était quasiment désert, mais cet après-midi, c'est un défilé de voitures, vététistes, joggeurs et promeneurs. Il faut bien dire que le soleil brille, mais le vent du Nord ne permet pas à la température de monter au dessus d'un ou deux degrés.

 

A priori et heureusement, le sanglier blessé prend le sens de la descente. Philippe se tiendra tout en bas avec son fusil pour empêcher l'animal de descendre dans les maisons tandis qu' accompagnés de Christian, Vincent et Damien, nous démarrerons tout en haut, là où sont balisées les premières gouttes de sang. Vu les circonstances, Michel sera le seul armé.

 

Falko est mis sur la voie et il faut immédiatement contenir la fougue de sa jeunesse, il part dans tous les sens, il faut dire que la voie est récente, qu'il y a eu éparpillement des indices en raison de la poursuite juste après le tir. Plus loin, tout rentre dans l'ordre, le chien travaille en tirant très fort sur la longe, la pente est très accentuée et parsemée de cailloux, nous descendons en glissades.

 

Au bout de 400 m le chien nous conduit à l'entrée de l'épais. Au bout d'une vingtaine de mètres, les choses vont très vite, il donne immédiatement de la voix, je passe devant lui la bauge est là à quelques mètres, sous un tronc d'arbre, le sanglier vient de la quitter.

 

ba1-copie-1 

Nous engageons la poursuite en même temps que claquent deux détonations, c'est Philippe qui vient de tirer. Nous sortons de l'épais guidés par un Falko des plus excité, l'animal se trouve devant nous à une cinquantaine de mètres, il est encore en vie mais n'ira pas plus loin, Philippe a mis un terme à sa cavale.

 

Le temps de le rejoindre, Falko tient le ferme à deux mètres, sa voix forte fait plaisir à entendre. Pour ne pas la laisser agoniser inutilement, Vincent dague rapidement le sanglier.

  ba2-copie-1

 ba3

Les blessures initiales se situaient sur une patte avant et une patte arrière, manifestement cet animal aurait eu du mal à survivre.  

ba5-copie-1  Patte arrière

 

Alors, même si nous aurions préféré pouvoir lâcher Falko en poursuite pour le faire réagir plus intensément, c'est déjà une petite avancée : il est arrivé à l'animal encore vivant achevé devant lui.

 

Il nous a de nouveau montré sa façon à lui de s'approprier la bête en se reposant dessus sans jamais donner un seul coup de dent. Par contre il ne supporte toujours pas d'en être écarté et de ce côté là, il n'y aura certainement pas d'amélioration. ba6-copie-1

 

ba7-copie-1  Que personne ne touche à mon sanglier !

 

Cette recherche était à la portée de n'importe quel chien déjà entraîné, c'est une histoire toute simple, mais un pas en avant dans le domaine de la progression normale de ce chien qui, nous l'espérons, nous donnera totale satisfaction dans un an ou deux. Il a encore beaucoup de choses à apprendre, notamment la maîtrise de ses émotions, il est jeune et fougueux, laissons lui le temps.

   

Et pour tous ceux qui sont en train de former un chien ou qui souhaitent le faire, sachez que la première des qualités est la patience, car dans ce domaine rien ne s'acquiert en quelques mois. Sachez que l'on n'achète pas un chien de sang, on l'éduque pour qu'il le devienne et surtout qu'il ne faut pas baisser les bras si à un moment ou à un autre votre compagnon semble se désintérésser du travail qu'on lui demande.

 

Certains d'entre vous vont se présenter à l'épreuve en 2012,

alors surtout au moment fatidique :

 faites confiance à votre chien !

Nous vous souhaitons par avance bonne chance.

Par UNUCR 90 - Publié dans : Recherches
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 14:23

Ceux qui nous connaissent ou suivent depuis longtemps nos aventures sur le blog doivent se souvenir de toutes les mésaventures qu'a vécues Athos, le chien de Sandrine, au cours des périodes de chasse : quasiment une journée entière en équilibre sur un tronc d'arbre au dessus d'une rivière en crue avant qu'on ne puisse le localiser et le récupérer, trois jours de cavale après avoir poursuivi une compagnie de sangliers (récupéré à 15 km du point de départ), combien de fois retrouvé sur la route plusieurs heures après la fin des battues... et j'en passe. Il aurait fallu l'équiper d'un collier émetteur si nous avions continué à chasser de façon régulière, mais comme nous le sortons de moins en moins en raison de l'augmentation des demandes de recherches d'animaux blessés nous en sommes restés au traditionnel collier fluo. 

Athos 

Pourtant en ce 24 décembre 2011, un collier de repérage aurait été très utile... 

  

Plantons tout d'abord le décor : nous voilà le jour de l'année où tout le monde s'affaire aux préparatifs de Noël, dans quelques heures ce sera le grand soir des rencontres familiales par excellence avec les échanges de cadeaux et le traditionnel festin dont les dindes se passeraient bien !

  

Ce matin, en ce qui me concerne, je rejoins un groupe d'amis pour une matinée de chasse qui se veut sympathique, sans aucun objectif de tableau, juste pour sortir un peu. Malheureusement, à 8 h, nous ne sommes que trois au rendez-vous de cette petite ACCA du Territoire de Belfort limitrophe avec le département de la Haute-saône.

Depuis Mandrevillars 

Le vent d'Ouest qui a soufflé très fort toute la nuit a certainement dissuadé les autres Nemrods restés bien au chaud dans leurs pénates en attendant de passer aux choses sérieuses plus tard dans la soirée. Il est vrai que le temps n'est pas engageant, il fait froid (2 ou 3°C maxi) dans une atmosphère très humide, mais heureusement la pluie a cessé au lever du jour.

 

Un quart d'heure après le rendez-vous, force est de constater qu'il ne faut plus espérer l'arrivée de renfort. Naturellement, les consignes sont alors vite données et les postes tout aussi vite distribués. Il ne nous reste plus qu'un chevreuil à tirer, quant aux sangliers, mis à part le respect des laies suitées, libre choix nous est donné quant au prélèvement.

 

Je vais donc traquer seul avec Athos. Sandrine me l'a laissé en garde pour passer les fêtes dans sa famille à 300 kilomètres de là.

 

A 8h30, je démarre en passant vers Pierrot resté "en retour" à la queue d'un étang. Dans ce secteur il y a de l'eau partout et, en raison des fortes pluies qui se sont abattues depuis la veille, même les fossés débordent.mir1

Athos ne met pas longtemps pour lever le premier chevreuil. Il est tiré et manqué, comme d'habitude (n'ayons pas peur des mots !), par Robert pourtant toujours posté là où il faut. Le chien poursuit sa menée chez les voisins, mais 5 mn plus tard, je perçois le son de sa voix, il nous ramène la bête.

 

Malgré un sprint d'une centaine de mètres, j'arrive trop tard, juste pour voir passer Athos, le chevreuil qui semble avoir beaucoup d'avance prend la décision de quitter le bois pour aller faire un large tour en plaine. Après une grande boucle à découvert, il revient en forêt presque à l'endroit où il a été levé. C'est là que le chien décide d'arrêter la poursuite qui a duré environ ¾ d'heure. Je le récupère, corne la fin de traque et rejoins le lieu de rendez-vous. Robert et Pierrot saluent le travail et la persistance du chien malgré les difficultés "aquatiques" qui se sont présentées à lui tels que ruisseaux, fossés gorgés d'eau et parcelles de bois inondées. J'en fais part à Sandrine qui ne cache pas sa fierté !

 

Nous décidons de traquer une autre partie de bois en limite de la Haute-Saône car de nombreuses détonations viennent de se faire entendre. Manifestement des bêtes noires sont sur pied et nous sommes sur leur parcours si elles décident de venir dans cette direction.

 

Dès les premiers mètres, je fais voler la deuxième bécasse de la matinée, Athos est déjà loin devant moi lorsqu'il lève deux chevreuils qui passent encore une fois vers Robert, cette fois il n'a pas tiré, car "ils allaient trop vite !". Oui, déjà que quand ils ne vont pas vite, c'est loupé, alors, dans ce cas là, c'est toujours une cartouche d'économisée... 

 

P1060426

Image d'archive

 

Je termine la traque seul car Athos est parti loin avec les animaux. A 11h, nous sommes tous les trois revenus aux voitures et bien que j'aie corné plusieurs fois, le chien ne revient toujours pas. Aucune inquiètude de ma part car il nous a habitués à des retours tardifs.

 

Trente minutes plus tard, je me renseigne auprès d'un promeneur, il a vu le chien en plaine, vers un étang, il partait en direction du village où j'habite en Haute-Saône. Je me rends immédiatement dans cette direction et je m'époumone à la pibole depuis un promontoire qui domine toute la vallée, je suis persuadé qu'il doit m'entendre ; bien sûr il m'entend, mais j'ignore qu'à cet instant il ne peut déjà plus ni bouger, ni aboyer. Alors j'imagine que le chien est hors de portée du son de ma cornette.

 

A 12h, toujours rien, je décide alors de rentrer chez moi des fois que le chien y soit déjà, en espérant qu'il ait pu passer entre les voitures, ce n'est pas la bonne heure et nous sommes à 5 mn du centre ville de Belfort, ça circule beaucoup.

 

Je dépose une couverture au lieu de rendez-vous du matin puis je quitte les lieux. C'est à ce moment là, me semble-t-il, que va se produire la première partie du miracle. En effet, j'ai la chance inouïe de croiser Evelyne qui part promener Tosca. Habituellement, elle sort sa chienne beaucoup plus tôt, mais aujourd'hui, une voix intérieure avait dû lui souffler d'attendre...

 

Un quart d'heure plus tard, je suis chez moi, Athos n'est pas là, je commence alors à prospecter en voiture toutes les routes et les chemins alentours en demandant des renseignements à tous les gens que je rencontre. Entre temps, je reçois deux appels pour des recherches sur des sangliers qui viennent d'être blessés. Mes correspondants sont compréhensifs, il vont contacter d'autres conducteurs de chien de sang car il est hors de question que je quitte les lieux avant d'avoir récupéré le chien.

 

A 13 h, alors que j'ai étendu ma recherche aux portes de Belfort, Evelyne m'appelle : "rejoins moi vite à la clinique vétérinaire, j'ai récupéré Athos mais il n'est pas bien". Merde, que s'est-il passé ? Elle ne m'en dit pas plus, je sens du trémolo dans sa voix. Je suppose qu'elle a trouvé le chien en rentrant chez elle, il devait être sur la couverture que j'ai laissée, il devait avoir froid tout simplement.

 

Je suis sur le parking du véto avant elle, l'attente ne dure que 5 mn mais elle me paraît une éternité. Enfin la voilà, je découvre alors le chien sur le siège arrière, il est enveloppé dans la parka qui a servi à le transporter, il est recroquevillé sur lui-même, sans aucune réaction, comme s'il avait les reins cassés. Collision ? Charge de sanglier ?

  

Le vétérinaire qui l'a pris en charge pose le chien au sol, il ne peut plus bouger les pattes, même sa tête ne tient pas droite. Le premier diagnostic est : "traumatisme crânien avec perte de connaissance". La panique m'envahit un peu car je ne comprends pas comment cela a pu arriver. En plus je pense à Sandrine car elle tient à Athos plus qu'à la prunelle de ses yeux.

 

Alors que le vétérinaire poursuit les examens, Evelyne m'explique avoir trouvé Athos assis immobile au milieu des prés. Voulant le mettre sur pattes, elle a donné une petite impulsion sur son collier et là, catastrophe, le train arrière a refusé de suivre et le chien s'est écroulé sur le côté. Elle a immédiatement redouté une atteinte aux organes internes ou à la colonne car aucun signe extérieur de blessure n'était visible. Alors elle l'a emmailloté dans sa polaire et a regagné la maison à 1,5 km de là. Athos s'est laissé porter comme un colis, poids inerte que seul un bruit de respiration rattachait à la vie.

 

Nous passons immédiatement en salle de radio, aucune fracture n'est décelée, presqu'en même temps les résultats de la prise de sang tombent, le chien est complètement déshydraté, son taux de glycémie est à 0,20 et il est en hypothermie. Cet état général l'a plongé dans le coma, il faut d'urgence le mettre sous perfusion.

    

Je pense que vous imaginez aisément la conversation téléphonique qui s'ensuit avec sa patronne... sans commentaire !

 

C'est la tête complètement ailleurs qu'Evelyne et moi quittons la clinique vétérinaire sans savoir si le chien pourra être sauvé. Elle m'avouera le lendemain qu'elle a dû s'arrêter en route pour déverser un flot de larmes. Quel drôle de Noël !

 

A 17 h, je contacte la clinique, Athos est encore trop faible, je ne peux pas venir le chercher, il faut attendre demain. Seul point positif, il ne tremble plus. J'arrive à persuader Sandrine de ne pas prendre la voiture pour rentrer, cela ne servirait à rien, nous ne pouvons qu'attendre, attendre et espérer que le Père Noël n'oublie pas Athos !

 

Je rappelle les personnes qui m'ont contacté pour les recherches, un des deux sangliers a été retrouvé, il était encore vivant avec une balle de ventre, fatale à plus ou moins long terme. Ce sera la seule bonne nouvelle de la journée.

 

Comme convenu, le lendemain à 10h, je reprends contact avec le vétérinaire, Athos va bien, je peux venir le chercher, OUF ! c'est enfin Noël !

 

Le miracle est accompli, il porte le doux nom d'Evelyne, car sans elle, Athos, déjà en hypothermie lorsqu'elle l'a trouvé, serait assurément mort dans les heures qui ont suivi.

 

En plus de 40 ans de permis, je n'avais jamais connu ou entendu parler d'un cas pareil. En fait, Athos a chassé toute la matinée en faisant de gros efforts, il est allé jusqu'au bout de lui même jusqu'à s'effondrer le long d'un petit fossé, là où par miracle Evelyne l'a découvert. A plusieurs reprises, je l'avais "corné" à moins de cent mètres, mais il ne pouvait plus bouger, ses forces l'avaient abandonné, le vent et le froid ont contribué à rapidement entraîner son coma. Ca devait être terrible pour lui car il devait m'entendre battre le rappel, il devait avoir envie de me rejoindre, mais il ne le pouvait pas.

 

Alors oui, c'est un miracle, d'abord qu' Evelyne n'ait sorti Tosca qu'à midi, au moment même où je passais devant chez elle, puis qu'elle ait découvert Athos, car cela équivalait en gros à chercher une aiguille dans une botte de foin. De mon côté, je n'ai jamais imaginé que le chien ait pu connaître ce genre de problème et avec les minutes qui défilaient je le cherchais de plus en plus loin car j'avais surtout peur qu'il ne se retrouve sur les grandes routes qui sillonnent le coin comme ça lui était déjà arrivé à plusieurs reprises.

 

Je ne vous raconte pas les retrouvailles avec Sandrine, mais je peux vous dire que les larmes ont coulé plus abondamment que le champagne dans les flûtes du soir du réveillon !

   

Nous ne remercierons jamais assez Evelyne, Athos lui s'en est chargé le lendemain avec moult léchouilles alors qu'il est d'habitude très réservé.

  Recueillement

Photo prise au printemps dernier au cours d'une balade avec Evelyne : il paraît maintenant évident que c'est elle qui est chargée des miracles à Buc !

 

voeux 2012

Il y a quelques jours, nous avions pris cette photo pour les cartes de voeux de l'UNUCR 90 ; sans nous le dire nous avons chacun de notre côté craint que ce soit la dernière fois qu'ils étaient réunis tous les quatre.

 

C'est un véritable miracle, mais un miracle dont nous nous serions bien passés !

 

Michel

 

 

Par UNUCR 90 - Publié dans : Teckels
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 08:48

 

Encore un bel exemple pour rappeler que sans eux nous ne serions rien.

 

La semaine dernière, nous participions à une battue de décantonnement avec tir dans une zone péri-urbaine où des sangliers se sont établis en nombre depuis plusieurs mois. Les dégâts qu'ils occasionnent ont contraint les deux sociétés de chasse concernées à s'unir pour les "exproprier" avec un maximum d'efficacité et sans danger pour les riverains.

 

La zone concernée, traversée par une rivière est faite de marécages, roseaux, tourbières qui rendent la progression très difficile.c12

 

 trevchat4

trevchat2trevchat3trevchat7Une dizaine de traqueurs se partage la partie droite du cours d'eau, quant à notre groupe (5 traqueurs), il est chargé de la partie gauche. Très peu sont armés et les tirs ne se feront que pour protéger les chiens ou achever un animal aux abois.

 

En arrivant en bout de traque, notre petit groupe rencontre un posté qui dit avoir blessé un sanglier. Il nous donne la direction de fuite que nous inspectons scrupuleusement en progressant en éventail en vue de trouver des indices.

 

Au bout d'une centaine de mètres, nous arrivons sur une piste cyclable sans avoir découvert une seule goutte de sang. Il est vrai qu'après avoir été blessé, l'animal a traversé la rivière lavant temporairement sa blessure.

 

Nous envisageons une recherche pour le lendemain matin car dans moins d'une heure il fera nuit.

 

Nous regagnons tranquillement le parking par la piste cyclable, lorsque qu'après une centaine de mètres, les trois chiens de Loïc, Ludo et Christian (en laisse) se dressent sur les pattes arrière en direction d'un talus recouvert de ronces : nous pensons tous à l'animal blessé.

 

Tandis que Ludo grimpe le talus pour aller voir de plus près, Loïc et moi (seuls armés) prenons place de part et d'autre, les chiens sont gardés en laisse.

 

Une fois sur la crête, Ludo, du haut de ses 1,80 m, nous confirme la présence d'un sanglier allongé dans les ronces la tête tournée dans ma direction. Il parvient à se frayer un passage mais n'arrive pas à savoir si l'animal est mort ou pas, impossible de voir s'il a les yeux ouverts ou fermés car sa tête est enfouie dans les ronces.

 

Avec bien du mal il parvient jusqu'à la bête dans laquelle il plante sa dague dans la région du coeur. Réaction immédiate : le sanglier bien vivant se retourne contre lui et déguerpit en emportant la dague. Une seconde plus tard, le tir de Loïc, à deux mètres, met fin à sa cavale.

 

La blessure initiale se situe au bas d'une patte arrière qui ne tenait plus que par un bout de peau. Il devait souffrir énormément, ce qui explique qu'il n'a pas bougé alors qu' il avait largement le temps de fuir avant que nous puissions être sur lui : il nous avait entendus depuis longtemps et avait senti les chiens, mais il est resté, tentant sans doute de "faire le mort".

 

Alors merci les chiens de nous l'avoir signalé car il n'est pas certain que la recherche du lendemain aurait abouti. 

 

Ca valait bien la petite vidéo ci-dessous ! Pour ceux qui n'arrivent pas à la lire, allez sur Dailymotion, dans la fenêtre "recherche" tapez: Le sanglier part avec la dague.

  Michel

Par UNUCR 90 - Publié dans : Recherches
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 15:23

C'est ce qu'ont vécu le week-end dernier Jean-Pierre et sa famille ainsi que ses amis chasseurs.

 

Mais présentons d'abord les acteurs de ce mauvais scénario dans leur élément famillial :

v3

Poly, Voyou, Vanille et Etoile 

 

v1Voyou et Vanille, toujours complices pour des pitreries

 

Nous nous posions tous la même question : va-t-on pouvoir les sortir de là ? Sont-ils blessés ? et forcément, sans que personne n'ose le dire, sont-ils morts ?

 

Il est vrai que la situation n'est pas reluisante : Vanille et son frère Voyou ont choisi samedi vers 11h de pousuivre un renard qui a eu la malencontreuse idée de se trouver dans les parages. Nos deux teckels l'ont débusqué et poursuivi jusqu'à sa dernière retraite : de longues et profondes galeries d'une ancienne carrière.

 

Ce genre de situation est connu et redouté de tous les chasseurs qui possèdent des teckels, fox et autres jagd-terriers, mais lorsque malheureusement le problème se pose réellement, l'angoisse est immense et c'est malheureusement le cas pour Jean-Pierre qui n'a jamais connu ce genre de mésaventure en plus de 20 ans.

 

On le sait bien, il faut creuser et creuser encore, mais là, c'est différent, il n'y a pas que de la terre, il y a des roches et des galeries en forme de puits. Alors creuser, oui, mais va t-on pouvoir ?

 

A 11h30, les chasseurs entendent Vanille non loin d'une entrée, elle gémit, elle doit être paniquée mais l'important est qu'elle soit localisée. Les pelles, les pioches, les barres à mine entrent en action. Ca creuse de toute part, finalement un peu à l'aveuglette par manque d'information car Vanille a cessé de répondre aux appels.

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Démarrage des travaux

 

Vers 16h30, répondand à son appel, nous rejoignons Jean-Pierre et ses compagnons. Immédiatement nous comprenons que la situation délicate en raison des roches mêlées à la terre. Combien de chiens, dans la même situation, sont restés au fond coincés par des éboulis ? Nous sentons un peu d'abattement, mais tout de même du courage à revendre chez ces "forçats volontaires".

 

Nous décidons de conduire Thaïs sur place pour voir si elle peut nous indiquer un endroit plutôt qu'un autre. Ca paye puisqu'elle nous montre précisement une galerie, elle gratte pour agrandir le trou et coupe les racines avec ses dents. Cela peut avoir plusieurs sens, soit elle sent le renard, soit elle veut rejoindre les chiens. Qu'importe, c'est là que ça se tient.

 

Dans le même temps nous contactons Xavier, un ami déterreur qui nous dit : "sortez de la zone et laissez le silence s'établir sinon les chiens ne se manifesteront pas !" . C'est un peu ce que Jean-pierre avait envisagé et les conseils de Xavier sont alors suivis immédiatement. Nous regagnons le chalet, tout le monde essaye de se rassurer, mais personne n'ose dire ce qu'il pense vraiment, au moins devant notre ami. Le sauvetage va s'avérer compliqué et va certainement demander de grands moyens.

 

Le lendemain matin, même si le téléphone nous brûle les doigts, nous préférons attendre que ce soit Jean-Pierre qui appelle, de toute façon, s'il ne l'a pas fait c'est que pour l'instant la situation n'a pas évolué.

 

 A 10h, enfin, il nous dit avoir entendu Vanille gémir. Il l'estime à un ou deux mètres en dessous du trou indiqué par Thaïs, ils vont continuer à creuser en contournant la roche.

 v7

Vanille n'est plus très loin

 

Une heure plus tard, nouvel appel, elle est sauvée, ils partent chez le véto, mais pas de nouvelle de son frère. Faut dire que Voyou est plus costaud, il a certainement du mal à progresser dans les boyaux. Il ne peut pas creuser et les roches risquent de lui barrer la sortie à jamais.v2

 

 Enfin à l'air libre !

 

Nouveau coup de fil en début d'après-midi, Vanille n'a, si on peut dire, qu'une prémolaire cassée et des trous de crocs sur le museau. Ses blessures sont faites par un blaireau et non un renard. Les galeries sont grandes et peuvent être habitées par plusieurs espèces différentes.

 

Vers 16 h, soit plus de 24 heures après, on va dire que le miracle se produit car c'est au tour de Voyou de sortir enfin de ce piège naturel. Il s'est dégagé tout seul en suivant certainement avec beaucoup de mal les traces de sa soeur. Il a eu la chance de rencontrer Jean-Claude, le garde de l'ACCA venu assurer la surveillance. Par chance deux amies de la famille qui se trouvaient dans le secteur au même moment on pu aider Jean-Claude qui n'avait d'autre solution que de descendre dans le puit pour en sortir le chien. Ca c'est un sauvetage !

 

v(-copie-1Fatigué, blessé, mais dehors !

 

Pour Voyou, c'est nettement plus grave, la mâchoire est fracturée, cinq dents ont disparu, sa tête a doublé de volume à cause de l'infection dûe au crocs puissants d'un blaireau.

 

A l'heure où nous écrivons ces lignes (mercredi 19 octobre), il est toujours sous perfusion dans la journée à la clinique vétérinaire et revient chez lui le soir.

 

Voilà, nous avons connus aussi l'angoisse de ces nuits où nos compagnons ne sont pas rentrés sans savoir vraiment où les chercher. Nous avons connu aussi cette tristesse de ne plus savoir quoi faire pour les retrouver. Cette fois cela ne s'est pas trop mal passé, souhaitons surtout que nos deux aventuriers retiennent la leçon. Ce que nous retiendrons nous c'est le formidable élan de soutien en faveur de Jean-Pierre et ses proches et la mobilisation dont tous ses chasseurs ont fait preuve pour l'aider.

 

Vanille ne gardera de cette aventure qu'un mauvais souvenir mais pour Voyou il lui faudra attendre d'être parfaitement remis pour de nouveau arpenter les bois.

v9

 

La zone d'intervention a été sécurisée avant le départ

 

 

 

Par UNUCR 90 - Publié dans : Teckels
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 13:42

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