Encore un bel exemple pour rappeler que sans eux nous ne serions rien.

 

La semaine dernière, nous participions à une battue de décantonnement avec tir dans une zone péri-urbaine où des sangliers se sont établis en nombre depuis plusieurs mois. Les dégâts qu'ils occasionnent ont contraint les deux sociétés de chasse concernées à s'unir pour les "exproprier" avec un maximum d'efficacité et sans danger pour les riverains.

 

La zone concernée, traversée par une rivière est faite de marécages, roseaux, tourbières qui rendent la progression très difficile.c12

 

 trevchat4

trevchat2trevchat3trevchat7Une dizaine de traqueurs se partage la partie droite du cours d'eau, quant à notre groupe (5 traqueurs), il est chargé de la partie gauche. Très peu sont armés et les tirs ne se feront que pour protéger les chiens ou achever un animal aux abois.

 

En arrivant en bout de traque, notre petit groupe rencontre un posté qui dit avoir blessé un sanglier. Il nous donne la direction de fuite que nous inspectons scrupuleusement en progressant en éventail en vue de trouver des indices.

 

Au bout d'une centaine de mètres, nous arrivons sur une piste cyclable sans avoir découvert une seule goutte de sang. Il est vrai qu'après avoir été blessé, l'animal a traversé la rivière lavant temporairement sa blessure.

 

Nous envisageons une recherche pour le lendemain matin car dans moins d'une heure il fera nuit.

 

Nous regagnons tranquillement le parking par la piste cyclable, lorsque qu'après une centaine de mètres, les trois chiens de Loïc, Ludo et Christian (en laisse) se dressent sur les pattes arrière en direction d'un talus recouvert de ronces : nous pensons tous à l'animal blessé.

 

Tandis que Ludo grimpe le talus pour aller voir de plus près, Loïc et moi (seuls armés) prenons place de part et d'autre, les chiens sont gardés en laisse.

 

Une fois sur la crête, Ludo, du haut de ses 1,80 m, nous confirme la présence d'un sanglier allongé dans les ronces la tête tournée dans ma direction. Il parvient à se frayer un passage mais n'arrive pas à savoir si l'animal est mort ou pas, impossible de voir s'il a les yeux ouverts ou fermés car sa tête est enfouie dans les ronces.

 

Avec bien du mal il parvient jusqu'à la bête dans laquelle il plante sa dague dans la région du coeur. Réaction immédiate : le sanglier bien vivant se retourne contre lui et déguerpit en emportant la dague. Une seconde plus tard, le tir de Loïc, à deux mètres, met fin à sa cavale.

 

La blessure initiale se situe au bas d'une patte arrière qui ne tenait plus que par un bout de peau. Il devait souffrir énormément, ce qui explique qu'il n'a pas bougé alors qu' il avait largement le temps de fuir avant que nous puissions être sur lui : il nous avait entendus depuis longtemps et avait senti les chiens, mais il est resté, tentant sans doute de "faire le mort".

 

Alors merci les chiens de nous l'avoir signalé car il n'est pas certain que la recherche du lendemain aurait abouti. 

 

Ca valait bien la petite vidéo ci-dessous ! Pour ceux qui n'arrivent pas à la lire, allez sur Dailymotion, dans la fenêtre "recherche" tapez: Le sanglier part avec la dague.

  Michel

Par UNUCR 90 - Publié dans : Recherches
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 15:23

C'est ce qu'ont vécu le week-end dernier Jean-Pierre et sa famille ainsi que ses amis chasseurs.

 

Mais présentons d'abord les acteurs de ce mauvais scénario dans leur élément famillial :

v3

Poly, Voyou, Vanille et Etoile 

 

v1Voyou et Vanille, toujours complices pour des pitreries

 

Nous nous posions tous la même question : va-t-on pouvoir les sortir de là ? Sont-ils blessés ? et forcément, sans que personne n'ose le dire, sont-ils morts ?

 

Il est vrai que la situation n'est pas reluisante : Vanille et son frère Voyou ont choisi samedi vers 11h de pousuivre un renard qui a eu la malencontreuse idée de se trouver dans les parages. Nos deux teckels l'ont débusqué et poursuivi jusqu'à sa dernière retraite : de longues et profondes galeries d'une ancienne carrière.

 

Ce genre de situation est connu et redouté de tous les chasseurs qui possèdent des teckels, fox et autres jagd-terriers, mais lorsque malheureusement le problème se pose réellement, l'angoisse est immense et c'est malheureusement le cas pour Jean-Pierre qui n'a jamais connu ce genre de mésaventure en plus de 20 ans.

 

On le sait bien, il faut creuser et creuser encore, mais là, c'est différent, il n'y a pas que de la terre, il y a des roches et des galeries en forme de puits. Alors creuser, oui, mais va t-on pouvoir ?

 

A 11h30, les chasseurs entendent Vanille non loin d'une entrée, elle gémit, elle doit être paniquée mais l'important est qu'elle soit localisée. Les pelles, les pioches, les barres à mine entrent en action. Ca creuse de toute part, finalement un peu à l'aveuglette par manque d'information car Vanille a cessé de répondre aux appels.

v8

Démarrage des travaux

 

Vers 16h30, répondand à son appel, nous rejoignons Jean-Pierre et ses compagnons. Immédiatement nous comprenons que la situation délicate en raison des roches mêlées à la terre. Combien de chiens, dans la même situation, sont restés au fond coincés par des éboulis ? Nous sentons un peu d'abattement, mais tout de même du courage à revendre chez ces "forçats volontaires".

 

Nous décidons de conduire Thaïs sur place pour voir si elle peut nous indiquer un endroit plutôt qu'un autre. Ca paye puisqu'elle nous montre précisement une galerie, elle gratte pour agrandir le trou et coupe les racines avec ses dents. Cela peut avoir plusieurs sens, soit elle sent le renard, soit elle veut rejoindre les chiens. Qu'importe, c'est là que ça se tient.

 

Dans le même temps nous contactons Xavier, un ami déterreur qui nous dit : "sortez de la zone et laissez le silence s'établir sinon les chiens ne se manifesteront pas !" . C'est un peu ce que Jean-pierre avait envisagé et les conseils de Xavier sont alors suivis immédiatement. Nous regagnons le chalet, tout le monde essaye de se rassurer, mais personne n'ose dire ce qu'il pense vraiment, au moins devant notre ami. Le sauvetage va s'avérer compliqué et va certainement demander de grands moyens.

 

Le lendemain matin, même si le téléphone nous brûle les doigts, nous préférons attendre que ce soit Jean-Pierre qui appelle, de toute façon, s'il ne l'a pas fait c'est que pour l'instant la situation n'a pas évolué.

 

 A 10h, enfin, il nous dit avoir entendu Vanille gémir. Il l'estime à un ou deux mètres en dessous du trou indiqué par Thaïs, ils vont continuer à creuser en contournant la roche.

 v7

Vanille n'est plus très loin

 

Une heure plus tard, nouvel appel, elle est sauvée, ils partent chez le véto, mais pas de nouvelle de son frère. Faut dire que Voyou est plus costaud, il a certainement du mal à progresser dans les boyaux. Il ne peut pas creuser et les roches risquent de lui barrer la sortie à jamais.v2

 

 Enfin à l'air libre !

 

Nouveau coup de fil en début d'après-midi, Vanille n'a, si on peut dire, qu'une prémolaire cassée et des trous de crocs sur le museau. Ses blessures sont faites par un blaireau et non un renard. Les galeries sont grandes et peuvent être habitées par plusieurs espèces différentes.

 

Vers 16 h, soit plus de 24 heures après, on va dire que le miracle se produit car c'est au tour de Voyou de sortir enfin de ce piège naturel. Il s'est dégagé tout seul en suivant certainement avec beaucoup de mal les traces de sa soeur. Il a eu la chance de rencontrer Jean-Claude, le garde de l'ACCA venu assurer la surveillance. Par chance deux amies de la famille qui se trouvaient dans le secteur au même moment on pu aider Jean-Claude qui n'avait d'autre solution que de descendre dans le puit pour en sortir le chien. Ca c'est un sauvetage !

 

v(-copie-1Fatigué, blessé, mais dehors !

 

Pour Voyou, c'est nettement plus grave, la mâchoire est fracturée, cinq dents ont disparu, sa tête a doublé de volume à cause de l'infection dûe au crocs puissants d'un blaireau.

 

A l'heure où nous écrivons ces lignes (mercredi 19 octobre), il est toujours sous perfusion dans la journée à la clinique vétérinaire et revient chez lui le soir.

 

Voilà, nous avons connus aussi l'angoisse de ces nuits où nos compagnons ne sont pas rentrés sans savoir vraiment où les chercher. Nous avons connu aussi cette tristesse de ne plus savoir quoi faire pour les retrouver. Cette fois cela ne s'est pas trop mal passé, souhaitons surtout que nos deux aventuriers retiennent la leçon. Ce que nous retiendrons nous c'est le formidable élan de soutien en faveur de Jean-Pierre et ses proches et la mobilisation dont tous ses chasseurs ont fait preuve pour l'aider.

 

Vanille ne gardera de cette aventure qu'un mauvais souvenir mais pour Voyou il lui faudra attendre d'être parfaitement remis pour de nouveau arpenter les bois.

v9

 

La zone d'intervention a été sécurisée avant le départ

 

 

 

Par UNUCR 90 - Publié dans : Teckels
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 13:42

Oui, incroyable mais vrai et s'il n'y avait pas eu autant de témoins pour cette recherche ainsi que lors de la dépouille de l'animal retrouvé, nous n'aurions jamais osé vous la raconter de peur de passer pour des affabulateurs.

 

Ce matin du lundi 10 octobre à 8h30, nous retrouvons Jean-Marie (le tireur) accompagné de Claude, actionnaire de la même ACCA du Territoire de Belfort, ainsi que Patrick qui, lorsqu'il est libre, nous accompagne en recherche.

 

C'est notre quatrième intervention depuis samedi, il en reste encore une et nous pourrons ranger les affaires et nous occuper des chiens.

 

Jean-Marie nous explique qu'hier, en milieu d'après-midi, il a tiré un sanglier d'environ 70 kg. Celui-ci sortait du bois poussé par des traqueurs sans chien et a traversé au pas une grande plaine à une centaine de mètres de lui. Il suppose que ses deux balles ont fait mouche, la première ayant assurément fracturé une patte arrière assez haut dans la cuisse : un bout d'os a été retrouvé et il a vu la patte partir à l'équerre.

 

L'animal est rentré dans un épais en limite avec la chasse voisine,les chasseurs ont balisé, aucun chien n'a été mis en poursuite : c'est la recherche idéale.

 

Présentée à l'anschuss, Thaïs (c'est à son tour de travailler) empaume de suite et démarre bon train. La pluie a effacé tous les indices mais en quelques minutes nous voilà à l'entrée de l'épais.

 

Habituellement, avec ce genre de blessure, qui plus est sans poursuite par les chiens ou les hommes, l'animal se couche assez rapidement et nous pensons que nous allons vite être sur lui.

 

Le sanglier garde une coulée qui serpente dans l'épais, nous avançons prudemment car il peut-être n'importe où et la chienne n'est pas à bon vent.  Une dizaine de minutes plus tard, nous sortons de cette zone pour du grand bois, c'est bon, il va être là car il a dû souffrir énormément pour traverser ce massif à cause des ronces qui devaient accrocher sa patte blessée.

 

Nous sommes obligés de calmer Thaïs qui travaille très vite et nous oblige à la suivre à grandes enjambées. Elle est très énervée, on sent qu'elle a hâte d'en découdre. Les sentiments laissés par la bête lui font certainement comprendre qu'elle va l'avoir.

 

Une bonne demi-heure plus tard, à notre grand étonnement, voilà que nous sortons du bois pour de la grande plaine. Notre animal est tombé en voulant franchir un fossé et les traces laissées dans le talus nous montre qu'il a eu bien du mal à en sortir.

 

Après avoir traversé un grand pré, il entre dans un maïs, aïe !

Les maïs ce n'est pas ce que nous aimons le plus. Ce qui nous inquiète c'est qu'il y a de fortes chances pour qu'il soit encore vivant, alors 70 kg de muscles dans un maïs, c'est pas de la tarte. Le champ est long mais large seulement d'une centaine de mètre. Nous décidons d'en faire le tour pour voir s'il n'en est pas ressorti.

 

Cette manoeuvre ne donne rien, je décide alors de suivre le pas à l'intérieur, Jean-Marie m'accompagne sans arme. Après avoir passé une dizaine de rangs, nous découvrons un endroit où le sol est aplati. Le sanglier s'est couché, il n'a pas fait de bauge, il s'est juste couché. C'est la première reposée que nous trouvons et c'est surprenant car nous avons déjà parcourus plus d'un kilomètre. Nous poursuivons notre progression et trouvons la sortie à l'opposé. Sandrine qui avait anticipé s'aperçoit que Thaïs l'a repris. Effectivement la longe est tendue et la chienne gémit d'imptience.

 

Nous longeons alors des pâtures, un étang et le bruit du trafic sur la RD 83 Mulhouse/Belfort commence à devenir perceptible, nous en prenons la direction.

 

Enfin, nous parvenons à l'orée d'un bois traversé par un petit ruisseau. Nous pensons alors, c'est bon, il est dedans. Mais non, il a continué à avancer malgré les obstacles et nous commençons même à douter de la balle de patte arrière, d'autant plus que ce bois lui offrait une multitude de remises.

 

Toujours est-il qu'au bout de deux heures, nous voilà au bord d'une route très passante avec la chienne qui tire toujours autant sur la longe. Nous traversons, le sanglier longe un bois pour y trouver une entrée à sa convenance, nous décidons de faire une pause et le point sur la situation actuelle.

 

Nous expliquons à nos accompagnateurs que maintenant les chances de capture s'amenuisent car cela paraît incroyable qu'avec une telle blessure il ait pu faire cette distance semée d'embûches sans qu'il ait été initialement poursuivi . Nous émettons l'hypothése que la deuxième balle de Jean-Marie a peut-être frappé la mâchoire car ce genre de blessure extrêmement douloureuse entraîne immanquablement une fuite éperdue. Claude estime que nous avons déjà fait environ 5 kilomètres. Jusqu'où ira t-il maintenant ?

 

A cet instant, nous sommes loin de penser qu'il est là, à seulement quelques mètres de nous, et capte nos conversations ainsi que nos odeurs car il est, lui, à bon vent.

 

Thais nous montre à nouveau des signes d'impatience, alors nous repartons en longeant encore un peu le bois sur quelques mètres puis nous y pénétrons. La chienne lève alors le nez très haut en quête d'effluves qu'un changement de vent lui a apportées. La zone est encombrée par des saules, des orties et de grandes plantes  qui offrent un bon couvert avec une visibilité quasiment nulle.

 

Je vais seul inspecter le secteur, le passage de l'animal est facile à suivre et au bout de quelques mètres, je constate qu'il est tombé dans un fossé profond, étroit et aux pentes très raides. Jean-Marie me rejoint et dit brusquement "on dirait que les herbes ont bougé là !" .

 

"Là",  c'est juste devant nous, de l'autre côté du fossé, mais on n'y voit rien. Je descends, suivi par Jean-Marie, effectivement le pied est visible sur le bas du talus d'en face à un endroit où la pente est moins raide. J'en prends la direction en me glissant sous les branches de saule. Jean-Marie qui a suivi le fossé dit alors "C'est tout piétiné ici !" .

 

Coincé dans les saules, je fais un petit détour pour le rejoindre et entends :  "Il est là !".  Jean-Marie et moi sommes à trois mètres l'un de l'autre mais je ne vois rien. Il me glisse alors : "sur la gauche !" .

 

Je me déplace un peu, effectivement il est bien là, allongé sur le ventre dans sa bauge, prêt à bondir. Il est à moins de 5 mètres tout au plus, j'ai juste le temps d'épauler et tirer, bien qu'il démarre en trombe et disparaît, je suis certain du placement de ma balle en plein coffre, je n'ai pas voulu viser la tête à cause du risque d'éclats.

 

Aussitôt Jean-Marie et moi entendons le trio resté en retrait crier, le sanglier fonce dans leur direction mais fort heureusement s'écroule à leurs pieds. Ouf !  Il prenait la direction de la route distante d'une trentaine de mètres avec toutes les conséquences que cela aurait pu engendrer car le trafic y est très dense.

 

encore, c'est incroyable que ma balle (35 wehlen) ne l'ait pas cloué sur place. En fait, il avait dû déclencher le processus de démarrage dans sa tête et le corps a suivi l'ordre donné par son cerveau dés que j'ai appuyé sur la queue de détente.

  rech4

  Jean-Marie heureux d'avoir retrouvé son sanglier  !

 

C'est une recherche classique qui n'a rien d'extraordinaire, sauf que, et c'est là que le titre de ce récit prend toute sa dimension, cet animal avait : deux pattes atteintes : à l'avant, la balle de Jean-marie avait fracturé l'os très haut, et à la cuisse, il portait une blessure par balle datant d'environ une semaine tant elle empestait, et tenez-vous bien : LES DEUX DU MÊME CÔTE !!! ???

 

rech5  La blessure à la patte avant

 

Déjà, sans le voir, on se dit que ce n'est pas possible, alors pour nous qui avons suivi son trajet, c'est proprement impensable, d'autant plus que la balle de cuisse avait complètement broyé le muscle et occasionné une boule d'environ 20 cm de diamètre qui avait provoqué un amaigrissement de tout le train arrière. A notre connaissance aucun conducteur n'a été sollicité suite à ce tir. La blessure de patte avant correspondait à une des deux balles de Jean-Marie.

 

Lorsqu'ils l'ont dépouillé, les membres de l'ACCA ont pu précisement constater l'étendue des dégâts, ils n'en sont encore pas revenus et franchement, nous non plus. Comment cet animal a t-il pu faire cette distance avec des traumatismes aussi importants ?

 

Si Jean-Marie nous avait dit : "Il est blessé, mais je ne sais pas où la balle a pu le frapper", nous aurions peut-être arrêté la recherche au niveau de la route départementale, estimant que le sanglier portait une blessure bénigne et qu'il n'y avait pas lieu de poursuivre eu égard au chemin parcouru et aux obstacles franchis.

 

C'est à méditer pour plus tard lorsque nous arrêterons une recherche au bout de quelques kilomètres, en disant : "on ne l'aura pas, il n'est pas assez gravement blessé...!". Désormais, nous aurons toujours le doute, mais comment faire ? Il faut bien s'arrêter à un moment. Heureusement que cette fois nous avons poursuivi, poursuivi quelques mètres de plus...

 

Alors, une fois encore, nous avons reçu une leçon, une grande leçon de courage de la part de ce sanglier qui est allé "jusqu'au bout" dans des conditions qui dépassent notre imagination. Ce n'est pas la première, mais celle-là restera aussi, comme certaines autres, gravée à jamais dans nos mémoires.

 

Nous ne trouvons aucune explication à l'exploit hors normes de cet animal, si ce n'est que, blessé uneseconde fois en une semaine, il a tout fait pour s'éloigner au plus loin sachant qu'il ne pourrait plus bouger de sa dernière remise. Il s'était installé au bord de cette route où il savait que personne ne viendrait le déranger pour attendre la mort car la gangrène avait déjà fait son lent travail.

 

Nous lui avons rendu les honneurs qu'il méritait. 

 

                                                                                                                 Michel

   rech7

De gauche à droite : Jean-Marie, Patrick, Claude (Thaïs et Sandrine).

Apparement, on dirait que la recherche a été épuisante,  n'est-ce pas Patrick ?

 

 

 

Par UNUCR 90 - Publié dans : Recherches
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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 13:11

Suite au décès de Jean, nous avons attendu quelques jours avant de vous raconter les recherches de la semaine passée.  Après un dernier adieu à notre ami, hier, à Saint Dié des Vosges, nous reprenons doucement le fil des récits avec une boule dans la gorge car il ne sera plus là pour nous rassurer ou répondre à nos interrogations. Mais qui sait, là haut il y a peut être internet...

 

Il l'a bien mérité !

 

Oui, il l'a bien mérité son premier brocard. Thibaud est un petit bonhomme qui vient tout juste d'obtenir son permis de chasser. Il ne manquerait pour rien un rendez-vous de chasse et ce matin du 18 septembre il fallait vraiment avoir envie pour y aller ! En effet, un vent violent venant de l'ouest déverse des trombes d'eau sur nos têtes.

 

C'est donc sous les cirés que la dizaine de chasseurs prend les consignes pour la journée. Nous sommes dans une petite ACCA du Territoire de Belfort limitrophe avec la Haute- Saône.

 

Peu de temps après le début de la première traque, Florian abat un renard et dans la foulée un sanglier mâle de 85 kg qui suivait le goupil. Comme quoi les idées reçues !

 

Nous aurons vu quelques chevreuils, des faisans et une belle compagnie de perdrix. Au fur et à mesure de l'avancée de la matinée, le ciel se dégage grâce au vent qui ne faiblit pas et à midi le gris a laissé place au bleu.

 

Vers 14 heures nous débutons une nouvelle battue avec l'autorisation de prélever un brocard. Stéphane étant seul pour traquer cette après-midi, Michel décide de l'accompagner avec nos 4 chiens. Il n'y a pas d'appel pour une recherche, cela va donc leur faire du bien de se dégourdir les pattes.

 

Vu la bande de bois assez étroite que nous allons explorer, Thibaud, qui traque souvent, peut cette fois se poster. Malheureusement, à peine libérés, les chiens quittent le bois pour entrer dans un maîs situé dans la réserve de chasse des voisins et il va nous falloir presque une demi-heure pour tous les récupérer. Nous décidons d'interrompre la battue car même si nous relâchons les chiens loin du maïs ils ne manqueront pas d'y revenir pour sortir les derniers sangliers restant à l'intérieur.

 

Quelques minutes plus tard, nous retrouvons le groupe et un Thibaud quelque peu dans le doute... Il nous dit : « je ne comprends pas, j'ai tiré un beau brocard à 30 mètres, de travers, il a fait demi-tour et est reparti sans réaction. Je ne trouve pas de poil ni de sang à l'anschuss, je pense que ma balle a été déviée par un baliveau, elle a peut être expansé, je pense l'avoir blessé ».  Nous attendons une petite heure puis nous nous rendons sur place avec Volga (c'est son tour) pour contrôler le tir de notre jeune chasseur inquiet.

 

Forcément, vu le peu de délai depuis le tir, nous n'avons pas besoin de conduire la chienne à l'anschuss, elle s'en charge elle même : à son comportement, même sans indice au coup de feu, nous savons que le brocard est bien blessé. Effectivement, quelques mètres plus loin, une goutte de sang est visible sur une ronce. Tout va alors très vite, nous trouvons le brocard mort à environ 70 mètres de là.

 

Thibaud s'agenouille auprès de son animal dans un grand ouf de soulagement. Nous le laissons savourer ce moment tant son émotion est palpable. Son tir est parfait, au défaut de l'épaule, la balle est passée entre les côtes. Aucun os n'est touché, ce qui explique l'absence de réaction de l'animal.

 

buc12 

Pour aller jusqu'au bout de son acte, Thibaud a tenu à ramener son chevreuil tout seul jusqu'à la voiture. Nous sommes très contents pour lui et en voilà un au moins qui a compris qu'il faut toujours coffrer !

 

buc4 

Le week end précédent nous avons passé toute l'après midi à chercher un autre brocard tiré dans la tête par un jeune chasseur. Malheureusement, comme c'est souvent le cas, la balle a frappé la mâchoire inférieure, les chiens l'ont poursuivi, la recherche a été très difficile et nous n'avons pas récupéré cet animal... quel gâchis !

Alors bravo à Thibaud pour avoir tiré « proprement ».

 

Le lendemain, une recherche surprenante nous attend : ce dimanche à 20 heures, Jean-Claude téléphone : il vient de tirer un sanglier d'environ 70 kg au moment où il allait rentrer dans un maïs. Le chasseur a entendu l'impact de la balle lorsqu'elle a touché l'animal. Il a trouvé du sang. Rendez-vous est pris pour 8 heures le lundi matin.

 

C'est au tour de Falko de travailler. François va aussi nous accompagner : il a accepté de venir, nous serons plus à l'aise à deux fusils car les recherches dans les maïs n'ont rien d'agréables et augmentent les risques du fait du manque de visibilté.

 

Au point de rencontre, mieux que des explications, Jean-Claude nous tend une feuille décrivant dans le détail son tir de la veille. C'est la première fois qu'un compte rendu d'une telle qualité nous est donné, alors nous vous en faisons profiter aussi (en couleur rose nos indications sur le trajet du sanglier) :

 11-copie-1

 

22 

Nous nous équipons car la pluie et le vent sont à nouveau de la partie.

 

Falko prend bien le trajet du sanglier mais au lieu de rentrer dans le maïs il oblique à droite. Nous le ramenons à l'anschuss car du sang est visible au bord du maïs et Jean-Claude a parfaitement vu le sanglier y rentrer. Le chien accepte et nous voilà progressant à l'intérieur où nous retrouvons du sang qui nous réconforte sur son travail. Au bout d'une cinquantaine de mètres, le chien est en défaut et repart en arrière. Au bout de quelques minutes, nous décidons de reprendre depuis le début. Dix minutes plus tard, en plein milieu du champ, nouveau constat d'échec. Falko vient vers nous se dresse et appuie ses pattes sur nos cuissards, nous sommes assez surpris : cette fois c'est sûr, il n'a plus rien pour travailler et semble chercher du réconfort. Ok, il est jeune, il manque d'expérience et c'est son premier maïs, taratata on va chercher Thaïs à la voiture. On tombe dans la facilité, comment aurions nous fait si nous n'avions qu'un seul chien pour travailler ?

 

Que fait la chienne une fois le travail démarré ? Evidemment, tout comme Falko tout à l'heure : elle part à droite au lieu de rentrer dans le maïs. On l'oblige donc, répétant la même erreur que précédemment, mais ça on ne peut le comprendre qu'après coup …

 

On l'oblige mais au bout de 100 mètres à l'intérieur du champ, que fait la chienne ?

Evidemment tout comme Falko tout à l'heure ! Elle nous regarde, elle n'a plus rien.

La seule différence c'est qu'elle nous conduit elle-même hors du maïs et nous ramène à l'anschuss. Nous laissons parler son expérience, si elle fait ça c'est qu'elle a une bonne raison.

 

Tranquillement elle se dirige vers un tas de fumier à une trentaine de mètres de là. Nous sommes chacun perdus un peu dans nos pensées, nous demandant comment on va pouvoir se sortir de cette situation et assurer le service pour lequel Jean-Claude nous a appelés. Nous sommes loin d'imaginer ce qui va se passer dans les secondes qui vont suivre.

ba7 

Alors que nous avançons nonchalamment en direction de ce tas de fumier au milieu des prés, Michel remarque une bauge récente. Les orties sont couchées, pas de sang et Thaïs ne dit rien.

 

ba8

Par acquit de conscience, Michel monte sur le tas de fumier et là, presque sous ses pieds, apparaît la tête du sanglier, le reste du corps est caché sous les orties. Il se lève, Michel tire aussitôt suivi par François : les deux balles l'ont atteint.

  ba2

Nous sommes interloqués, même Thaïs n'a pas eu le temps de réaliser. En réalité, elle n'était pas à bon vent, la pluie ainsi que l'odeur du fumier ont certainement joué un rôle aussi.

 

Nous supposons donc un contrepied parfait du sanglier à l'intérieur du maïs : la nuit une fois tombée il est ressorti pour aller se coucher au milieu de ce tas de fumier où il devait se sentir plus en sécurité (façon de parler!). Il ne devait certainement pas avoir la force de se rendre jusqu'au bois distant d'une bonne centaine de mètres et l'odeur du fumier devait masquer la sienne.

 

ba9 

Les explications de Jean-Claude étaient justes : une de ses balles a traversé l'animal à peine au dessous du cœur occasionnant une lente hémorragie interne. C'est très exactement décrit par son dessin .

 

Encore une fois bravo, autant pour Thibaud que pour Jean-Claude : 2 tirs très précis et 2 analyses lucides de la situation. 

 

Dpt90 Coeur et poumons

ba1

Par UNUCR 90 - Publié dans : Recherches
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 13:19

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