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"Le fondement des
droits des animaux devrait être la règle d'or : nous devons les traiter comme nous aurions aimé l'être si une quelconque autre espèce avait joui de notre position
dominante."
Christine Stevens, fondatrice de l'Animal Welfare Institute
QUELQUES MOMENTS DE LA VIE DE 2 CONDUCTEURS PASSIONNES PAR LA RECHERCHE DU GIBIER
BLESSE...
Après l'Autriche en 2009 puis l'Italie l’an dernier, nous avions décidé cette année d’inscrire Volga en Suisse à l’épreuve internationale de recherche au sang organisée par la WUT (Welt Union Teckel), en catégorie 40 heures.
L’excellent résultat de Volga en 20 heures en 2009 et les circonstances difficiles de l’épreuve en Italie l’an dernier en 40H, nous ont motivés pour l'inscrire une dernière fois. Il est vrai aussi que l’épreuve se déroule aux portes de chez nous.
Nous voilà donc partis le samedi 27 août en direction d'Aesch, petite bourgade au sud de Bâle, pour la traditionnelle soirée qui précède l’épreuve du lendemain.
Nous faisons connaissance avec les autres candidats dont Frédéric SELLIER, l'autre Français engagé en 20 heures avec Eden. Ils seront 7 dans cette catégorie.
Le niveau sera relevé puisque plus de la moitié des 8 inscrits en 40 h sont montés sur les podiums des éditions précédentes en 20 h. Il va donc falloir jouer des coudes si nous voulons décrocher une place au soleil.
Nous sommes sûrs de Volga qui nous a rassurés dernièrement lors de la seule piste d'entraînement que nous lui avons faite il y a une quinzaine de jours.
Le but est déjà d'aller au bout, ensuite, l'idéal est de ramener le maximum d'indices (cinq au total) discéminés sur la piste. Bien qu'il ait plu le jour de la pose du sang pour les 40 h (vendredi), les conditions météo sont désormais bonnes, quasiment idéales, tout va donc pour le mieux.
A l'issue de la soirée, parfaitement orchestrée par Ulli Sand, il est procédé au tirage au sort. Volga et moi auront la piste n° 4. Peu importe l'ordre de passage, tout le monde est logé à la même enseigne. Frédéric quant à lui aura la piste n° 14.
Le dimanche à 8 heures, après une courte nuit, tout le monde se retrouve sur le terrain, prêt pour le grand rendez-vous. Volga ne semble nullement impressionnée, au contraire même, elle était tout à fait décontractée juste avant le contrôle vétérinaire.
A l'appel des équipes, les organisateurs partagent avec chaque candidat un petit verre contenant un liquide transparent comme de l'eau (mais ce n'en était pas !), histoire d'évacuer le stress...
Après vingt minutes de voiture, nous empruntons un chemin forestier et je comprends alors pourquoi la feuille d'engagement stipulait : « avoir une bonne condition physique... ». Le relief est agréable, il vaut bien une photo.
Volga et moi sommes déposés à mi-pente d'une grande colline. Edi Schnider, notre juge, nous indique le point de départ dont les premiers indices sont protégés par des branches de sapin. Nous avons une heure trente pour aller jusqu'au bout, beaucoup plus qu'il n'en faut habituellement pour réaliser ce parcours de 1000 m. Oui, mais !
La chienne tarde un peu à prendre la voie, puis elle démarre enfin. Edi déclenche le chrono et disparaît, nous voilà seuls, ces moments sont intenses, nous les savourons. Le bruit caractéristique de la truffe de Volga témoigne de la difficulté, elle a du mal à empaumer, elle est obligé de « mettre l'aspirateur en puissance maximum ». Je ne m'inquiète pas, cela arrive dans certaines zones où les effluves sont moins fortes qu'ailleurs.
Néanmoins, au bout d'une cinquantaine de mètres, je suis obligé de constater que Volga a déjà perdu la voie, nous revenons à l'anschuss. Nouveau départ et dix minutes de perdues.
Elle reprend consciencieusement son travail, mais je la sens à la peine. Elle travaille en boucle et c'est avec beaucoup de mal que nous parvenons à la première « reposée » matérialisée par du poil de chevreuil. Je me rassure mais nous avons certainement loupé l'indice n° 1 et il en faut au minimum deux sur les cinq pour pouvoir être classé.
Je décide alors de revenir en arrière et refaire le parcours que j'ai balisé sans compter avec du PQ rose. Une nouvelle fois nous parvenons à la reposée, mais sans l'indice n° 1 et avec un début de panique qui amène les premières gouttes de transpiration.
Volga part maintenant à angle droit, nous traversons le chemin par lequel nous sommes arrivés en voiture, nous descendons une forte pente encombrée par des arbres couchés. La chienne s'énerve, elle n'arrive pas à « prendre », elle est en permanence en défaut et c'est là qu'un magnifique lièvre en profite pour détaler devant nous. Volga me montre qu'elle l'a vu et senti, mais continue sa quête. Cela ne dure pas car une cinquantaine de mètres plus loin elle n'a plus rien à se mettre sous le nez.
Après une tentative de reprise qui dure vingt bonnes minutes, je décide de remonter au chemin et reprendre à partir de la reposée. Le travail reprend, mais nous butons de nouveau au même endroit. Je décide alors faire les avants, Volga semble avoir repris la voie, c'est bien ça car une centaine de mètres plus bas, nous découvrons l'indice n° 2, ce qui confirme qu'on a bien loupé le n°1. Bon, c'est pas catastrophique, il faut récupérer les trois autres.
Malheureusement, force est de constater qu'au bout d'une heure trente de montées et de descentes dans cette colline que nous connaissons maintenant par coeur, nous n'avons pas avancé d'un poil.
La mort dans l'âme, nous sommes contraint à l'abandon. Nous grimpons une nouvelle fois au chemin pour essayer de retrouver notre juge qui doit commencer à s'inquiéter. Trente minutes plus tard, nous voilà dans la voiture sur le chemin du retour, Volga, complètement vidée, s'endort sur mes jambes. Mon désarroi doit être palpable car Edi me dit : «Ne t'inquiète pas, personne n'a pu réussir ! Les voies n'étaient pas bonnes.»
Je ne me réjouis pas de l'échec des autres équipes, mais quelque part il me rassure.
Nous sommes les derniers à rejoindre le groupe, la plupart des concurrents n'ont aucun indice et le chien de l'un d'eux n'a même pas pu démarrer.
Plus surprenant encore, c'est que dans le groupe des vingt heures, seuls deux candidats ont pu aller au bout et de surcroît dans des temps très long (55 et 84 mn) .
Pour Frédéric et Eden ce fut aussi la galère, ils ont été rapidement en défaut, puis ils se sont perdus.
Pour tromper l'ennui en nous attendant, Thaïs, Athos et Falko ont rongé leur frein en décortiquant des bouts de bois !
Une petite animation par une troupe de cirque présentant évidemment des teckels a ramené le sourire sur toutes les lèvres.
Thaïs et Volga ont consolé Frédéric à leur façon.
Alors pourquoi, les chiens n'ont-ils pas pu travailler ? Pourquoi les voies n'étaient pas bonnes alors que les conditions météo semblaient idéales ? Il faudrait certainement savoir « parler chien » pour le comprendre !
Il y a peut être une autre hypothèse qui vaut ce qu'elle vaut, à savoir que l'élixir du matin, avalé d'un trait, aurait peut-être joué un rôle néfaste et perturbé les capacités olfactives du chien à cause de l'haleine chargée de son conducteur... Bon d'accord, vous n'êtes pas convaincus non plus par cette éventualité... que les plus moqueurs d'entre vous n'aillent pas dire "quand le patron boit c'est le chien qui trinque !!"
Ce qui est sûr, c'est qu'avec une telle « hécatombe », l'édition 2011 ne restera pas dans les annales... raison de plus pour féliciter l'heureuse équipe gagnante, les Tchétchènes Zdenka et Bella qui seront sans nul doute présentes pour l'édition 2012 en Russie dans la catégorie 40 heures.
Pour nous, ces trois participations laisseront de toute façon de très bons souvenirs, surtout celui d'avoir rencontré des conducteurs d'horizons très différents mais tous unis dans la même passion pour le travail du chien. Et nous n'oublierons pas les très honorables performances de Volga en 2009 - 27 minutes / 4 indices - et de Thaïs en 2010 -31 minutes / 4 indices.