Partager l'article ! Devenir conducteur UNUCR: Avant tout, pour devenir conducteur, il faut aimer et respecter les animaux, l'un ne va pas sans l'aut ...
"Le fondement des
droits des animaux devrait être la règle d'or : nous devons les traiter comme nous aurions aimé l'être si une quelconque autre espèce avait joui de notre position
dominante."
Christine Stevens, fondatrice de l'Animal Welfare Institute
QUELQUES MOMENTS DE LA VIE DE 2 CONDUCTEURS PASSIONNES PAR LA RECHERCHE DU GIBIER
BLESSE...
Avant tout, pour devenir conducteur, il faut aimer et respecter les animaux, l'un ne va pas sans l'autre et, par dessus tout, il faut aimer les chiens, comprendre leur travail, leur obstination dans la quête, leur courage. Oserions nous comme eux, sans armes, affronter des adversaires dix fois plus gros que nous ? Nous ne le pensons pas.
Alors, rendons leur l'hommage qu'ils méritent car sans eux la chasse ne pourrait pas exister, ne l'oublions pas.
Leur travail au cours d'une recherche est souvent époustouflant, encore plus lorsque pour nous les conditions météo ne paraîssent pas favorables. Dans ces moments, nous sommes des spectateurs privilégiés, nous sommes aux premières loges, tout se passe sous nos yeux, là, au bout de la longe, ce spectacle est magnifique, inouï parfois. Alors on se demande parfois si l'on ne devrait pas dire à la place de “conducteur de chien de sang” : “chien de sang conducteur d'humain”.........ou quelque chose comme ça !
Lorsqu'un gibier est tiré, souhaitons qu'il le soit proprement, qu'il s'agisse d'une grive, d'un renard ou d'un grand cervidé. Si malheureusement il est blessé, faisons appel aux équipes spécialisées de l'UNUCR, il en existe dans tous les départements, elles sont rompues à la tâche, elles iront jusqu'au bout ; en plus, c'est gratuit, alors pourquoi s'en priver ?
Venir à la recherche prend souvent plusieurs années, éduquer un chien c'est long, va t'on y arriver ? il faut être disponible, très disponible même, oublier les parties de chasse prévues, les conditions météo, le biotope souvent difficile etc....; enfin, la question est : en sommes nous capables, serons nous à la hauteur ?
Et puis un jour, brusquement, c'est le déclic, on se lance, on s'inscrit au stage, on trouve le chien. Vient ensuite le début des entraînements. Ils dureront un an, parfois deux, parfois trois pour enfin accéder à l'épreuve tant redoutée. Il ne faut jamais s'avouer vaincu, il faut persévérer et surtout s'attacher les services de gens compétents, c'est primordial.
Enfin vient le premier appel, c'est un sanglier blessé le matin, nous y allons en début d'après-midi, nous sommes en pays de connaissance, c'est rassurant mais plein de choses s'entre-choquent dans nos têtes, il y avait une belle compagnie, les chasseurs nous ont dit qu'ils avaient déja cherché, que va faire le chien ? Comment va se comporter le sanglier si on le trouve, est ce que ça va être le bon, enfin bref comment faut faire ?
Par chance, nous trouvons régulièrement des indices, ce qui rassure tout le monde et nous les premiers. Malheureusement, au bout de deux heures, nous abandonnons au bord d'une Nationale. Le travail du chien a été apprécié et les accompagnateurs nous assurent : “maintenant on vous appellera avant de chercher”. Ouais, bon..........ça fait toujours plaisir à entendre. Avec le recul, nous comprenons que sur cette intervention, nous avons été “archi nul”, notre inexpérience a joué un grand rôle dans cet échec. Nous ne sommes pas allés assez loin. Il aurait fallu évidement traverser cette Nationale et poursuivre, poursuivre jusqu'au bout. Mais comme l'écrivait fort justement un collègue alsacien “le bout c'est où ?” Et bien ce jour là, le bout était plus loin...........mais où ?
Les trois recherches suivantes sont encore sans résultat, c'est pas facile la recherche, mais bon, nous étions avertis, il faut garder le moral. On va tout de même bien finir par en trouver un quand même..................!
Oui, enfin ! dirons nous. Nous intervenons sur un chevreuil quatre heures après le tir, l'animal est rapidement relevé (4/500 m), le chien est lâché en poursuite, il est achevé au ferme. Il avait une vilaine balle de cuisse. Ouf ! Le contrat est rempli et le moral à la hausse mais tout de même faut reconnaître que.............c'était facile. “A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire”....
Les semaines, les mois et les années qui vont suivre amèneront leurs moments de bonheur qui viendront compenser sans les faire oublier les grandes déceptions de ces recherches arrêtées pour diverses raisons ainsi que malheureusement la perte d'un chien au sommet de son art.
Lorsqu'on décide d'arrêter au bout de plusieurs kilomètres, on comprend le désarroi du tireur, l'incompréhension du chien qui ne demande qu'à continuer mais par dessus tout on pense à cet animal, cet animal qui va souffrir, certainement mourir, et qu'on abandonne à son triste sort. Alors on se dit “on aura essayé” mais ça ne résoud pas le problème pour autant, on pense à lui, à sa blessure dont on ignore souvent l'emplacement puis en rentrant, on fait un voeu en souhaitant qu'il s'en sorte ou qu'il soit retrouvé à la battue suivante.
La recherche, on en devient accro, c'est comme pour tout, on commence à petites doses et après on ne peut plus s'en passer.
A chaque fois c'est une nouvelle aventure, sur des terrains différents avec de nouvelles personnes, aucune ne se ressemble et toutes sont belles. Comment rester insensible au travail fourni par le chien, surtout en l'absence d'indice visuel ?
Oui, c'est ça la recherche, le travail du chien et cette complicité qui nous unit, cette complicité qui nous pousse à continuer, à oublier les ronces, les épines noires, les interminables rangées de maïs, les pentes raides, la pluie, le froid et la fatigue. La réussite n'est belle que dans l'effort ; l'échec, lui, ne peut être “acceptable” que lorsqu'on a tout donné. Et c'est à chaque fois le chien qui nous donne des leçons de ténacité et qui nous fait avancer.
L'animal recherché nous apprend l'humilité et souvent on se dit que face à lui le genre humain n'est pas à la hauteur, on ne lui arrive pas à la cheville tant il nous montre de courage et force notre respect.
Néanmoins, on est presque tenté de dire qu'ils ont eu de la chance d'avoir été recherchés, qu'en est-il de tous les autres abandonnés par des lâches qui dormiront malgré tout sur leurs deux oreilles en attendant la prochaine battue pour vider leur chargeur sans même prendre la peine d'aller contrôler leur tir ?
Nous sommes trop sévères ? Nous ne le croyons pas ; après avoir parcouru des
kilomètres derrière des animaux blessés, après avoir achevé les souffrances terribles de certains d'entre eux, on ne peut que les respecter et, sans aucune sensiblerie, y réfléchir à deux fois
avant de se croire tout puissant parce qu'on tient une arme entre ses mains.
La chasse et le respect de l'animal ne sont pas incompatibles ; bien au contraire, ils sont indissociables.
Voilà, après les années passées à la chasse, il nous semble que c'est un juste retour des choses que de rendre service à ces animaux qui auparavant nous ont tant donné de plaisir.
Alors, si un jour l'idée de devenir conducteur UNUCR vous effleure un tant soit peu l'esprit, n'hésitez pas, osez, sautez le pas, nous avons besoin de vous et vous trouverez toujours un conducteur non loin de chez vous pour vous épauler.
Michel et Sandrine