Présentons nous...

Michel Charraix  

Je possède le permis de chasser depuis 1968, j'ai pratiqué la chasse dans plusieurs régions de France et même à Tahiti. Ma carrière professionnelle itinérante s'est terminée dans le Territoire de Belfort où j'ai appris à connaître les teckels à poil dur dont je suis tombé amoureux. J'ai découvert la recherche au sang il y a une vingtaine d'années en accompagnant un conducteur, René Piguet. A cette époque là, il utilisait une magnifique chienne teckel dont le travail m'a carrément laissé "baba". Très pris par mes obligations professionnelles, je n'ai pu envisager de former un chien qu'une fois à la retraite.

En 1989, j'achète mon premier teckel dans un élevage près de Rioz (70). Il s'intègre rapidement dans la famille et devient le chouchou de mes deux filles. Nous l'avons appelé Fiou, en souvenir d'un terme symbolisant la nonchalance et la décontraction utilisé souvent par les tahitiens. C'était un chien adorable et très passionné (il adorait par dessus tout le gibier à plume et le lièvre). Il est mort à l'âge de 18 ans.

En 2000, je vais chercher Romy en Haute-Loire chez Dominique Fuzet, éleveur et ami. Dominique et moi avons chassé plusieurs années dans cette  magnifique région, dans les années 75. Les souvenirs que j'en garde sont encore très présents. Nous passerons, Romy et moi, une semaine ensemble en Ardèche : elle aura l'occasion de découvrir ses premiers sangliers et l'odeur de ce sang pour lequel je la prédestinais. Elle est très facile à éduquer, elle comprend vite. A 8 mois, elle est élue chien du jour en épreuve de menée à voix sur lièvres puis sur renard au terrier artificiel, mais échoue lors de l'épreuve au sang, par ma faute et ma méconnaissance.
Je m'entoure alors des services de gens confirmés dans ce domaine : Pierre Benaben, Sandrine Ritod, René Piguet et Jean-Maurice Moinat. Le résultat ne se fait pas attendre : Romy obtient son agrément au sang l'année d'après dans les Vosges où je rencontre  le délégué de l'UNUCR William Thuon ainsi que la conductrice Catherine Labourel qui vont, eux aussi, m'apporter une aide précieuse.
Entre temps, Romy a chassé pratiquement tous les gibiers, avec beaucoup de passion et d'intelligence. Elle n'a été blessée qu'une seule fois par un sanglier. C'était une spécialiste du ferme, elle adorait ce rapport de force. En 2002, avec Orso des Monts Rouges, elle m'offre une belle portée dans laquelle je choisis Thaïs. Une crise d'éclampsie au 18ème jour me contraint de poursuivre seul l'alimentation des 5 chiots. En novembre 2008, après 8 ans de chasse et 4 ans de recherches, Romy et moi sommes chargés par un sanglier blessé que nous avions poursuivi sur deux jours et relevé deux fois. Elle est morte dans la nuit d'une hémorragie interne, laissant un grand vide et une cicatrice qui ne se refermera jamais. 

Dans le même temps, Thaïs, devenue "de l'Ordon des Rois", suivra le même parcours que sa mère, à la différence près qu'elle était moins prudente avec les bêtes noires, ce qui nous a valu de fréquentes visites chez le vétérinaire. En 2004, avec Logan de la Cotelle, elle donne naissance à une portée de 6 chiots avec la même crise d'éclampsie au 18ème jour (c'est de famille !). Je garde Volga, petite femelle sortie poil ras dont personne ne voulait malgré son regard malicieux et sa vitalité débordante.
Primée à 9 mois en épreuve de menée à voix sur lièvres, Thaïs passera avec succès l'épreuve au sang. Moins passionnée que Romy à la chasse mais beaucoup plus tenace, lorsqu'elle prenait le pied d'un animal, elle ne le lâchait plus, quoi qu'il se passe. Il y a eu des retours tardifs au chalet ! Thaïs et Romy chassaient individuellement et ne se ralliaient que pour les fermes ou lorsque l'une des deux était en difficulté sur la voix fugace des lièvres. Elles "se parlaient". Je pense qu'elle a souffert de la dominance de Romy, toujours omniprésente, mais avec tout de même de la retenue. Il n'y a jamais eu de conflit ouvert entre elles.

La petite Volga de l'Ordon des Rois au caractère de rêve, toujours contente, espiègle à souhait, intelligente et très très (presque trop !) câline, a eu la chance d'être formée à la chasse par sa mère et sa grand-mère et nos nombreuses sorties lui ont permis d'apprendre rapidement ce qu'on souhaitait d'elle. Je me souviens de  Volga  observant à distance respectable (dans un bois clair), ses deux aînées, aux prises pendant une dizaine de minutes avec un sanglier en ferme roulant. Elle regardait la scène sans dire un mot, je pense qu'elle a beaucoup appris.

A 3 ans, elle obtient brillamment son épreuve au sang , après avoir eu la menée à voix sur lièvres à 8 mois. Volga est très agréable en recherche, elle est très facile à lire, très passionnée et résistante. Dans son comportement, elle me rappelle souvent Romy.

En 2007, j'abandonne la pratique de la chasse pour me consacrer exclusivement à la recherche tant le nombre des appels est devenu important. La passion l'emporte toujours...
Depuis 2008, la direction de l'UNUCR m'a confié la charge de la délégation du 90. L'objectif prioritaire, outre la promotion de la recherche, est d'arriver à former de nouveaux conducteurs. Le parcours va être long.

En mai 2010, le jour de ses 2 mois, Falko arrive à la maison. C'est un petit chien costaud et extrêmement attachant malgré un sacré caractère de dominant ! Je ne souhaite pas qu'il chasse, il pratiquera uniquement la recherche au sang pour laquelle il obtient son agrément à l'âge de 13 mois. La relève est assurée !


S
andrine Ritod
 
J'ai le permis de chasser depuis 1999. Je ne suis pas issue d'une famille de chasseur, j'ai donc découvert la chasse assez tard, d'abord en région lyonnaise, dans les "Pierres Dorées", aux portes du Beaujolais. Dans cette belle région, je découvre la chasse du lièvre. Il y a aussi des chevreuils mais peu de sangliers. J'apprécie le contact avec la nature et l'ambiance de la chasse. J'ai la chance de la découvrir un peu plus grâce à l'association des jeunes chasseurs du Rhône dont je fais partie : je rencontre des gens passionnés de chiens. J'ai notamment l'occasion de voir travailler, par exemple, une meute de petits bassets griffons vendéens sur la voie des lapins. Je n'avais eu que des chiens de compagnie depuis mon enfance, je découvre alors le travail des chiens et la complicité indispensable avec leur maître.

 
Mon entourage me fait par ailleurs découvrir la recherche au sang, et en 2000,  en Alsace, chez Pierre et Isabelle Ziegler, deux éminents représentants du club des amateurs de teckels et de l'UNUCR,  j'achète Ramôn Pacha du Bois de Lorraine (on en restera à Ramôn !). Le stage de formation et le travail d'éducation du chien et de son conducteur, dans lequel je me suis investie, m'ont donné la passion de la recherche. Ramôn était le chien idéal pour un jeune conducteur, un véritable "métronome" ! Nous vivions à Dijon à ce moment là  et pouvions profiter de la campagne de l'Yonne toute proche  pour nos entraînements. Ramôn a réussi l'épreuve au sang à l'âge d'un an. Il n'a jamais chassé. Il a pratiqué ses premières recherches dans le Doubs, après un déménagement, ce qui a été l'occasion de beaucoup sortir car dans notre secteur il n'y avait pas de conducteurs à cette époque là (2001 à 2004). Les aléas de la vie m'ont séparée de lui, il a continué sa carrière brillante de chien de sang. Aider Michel et Romy pour passer l'épreuve au sang en 2005 m'a permis de combler un peu son absence.


J'ai pu, grâce à elle, devenir conducteur agrée en 2007 en bouclant la piste d'épreuve (1200 m, 24h après la pose de 25 cl de sang) en 19 minutes. Nous avons été élues "tandem du jour". C'était dans les Vosges, chez William Thuon, délégué UNUCR, et Raymond Collot, responsable du club des amateurs de teckels dans ce département.
Avec Michel, nous essayons, autant que faire se peut, d'être à deux pour les recherches, surtout pour les gros animaux. Ainsi je peux efficacement conduire la chienne, en toute sécurité. Il a suffit d'une fois, malheureusement.
 
En 2005, j'ai acheté un teckel mâle, Athos de Champ Royal, pour la chasse : c'est un bon chasseur mais qui a tendance a partir vraiment trop loin. Avec l'augmentation du nombre des recherches  il n'a plus l'occasion de sortir, nous avons donc essayé de lui faire passer l'épreuve au sang. Il en est capable mais ce n'est pas "son truc" : malheureusement, nous avons échoué de peu trois années de suite.
 
En 2009, je conduis Volga en épreuve : elle m'offre un premier prix et me permet ainsi de poursuivre ma passion après la disparition de Romy. L'année suivante Volga et Thaïs réussissent toutes deux l'épreuve à 40 heures au cours de laquelle j'ai le privilège de conduire chacune d'entre elles. L'aventure continue ! 

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